Noël anniversaire du Christ ou des capitalistes ?

          Depuis la mi-octobre nos boîtes à lettres regorgent de prospectus pour nous aider à « bien » célébrer les fêtes de fin d’année : gâter nos chers bambins, décorer la maison mieux que l’an passé, et se remplir la panse de produits onéreux, nous promettant ainsi à tous le plus merveilleux des Noëls,(tous les ans c’est le plus merveilleux, comme c’est drôle !). Une fois dans l’année vous pouvez bien dépenser ! Et les gens se laissent piéger, se plaçant parfois dans des situations financières intolérables, comme si l’on ne pouvait faire plaisir sans gaspiller une fortune. On sait très bien que cette débauche de catalogues de jouets est proposée pour soutirer de l’argent aux parents. Un jeune enfant qui n’est pas encore entré dans le système capitaliste n’a pas besoin de grand-chose, il se demande ce qui arrive ce soir-là, ne comprend rien, est désorienté. Il n’en demandait pas tant ! D’ailleurs, il ne demandait rien, peut-être un câlin, un soir d’attentions supplémentaires, où ses parents soient présents et s’occupent de lui plus longtemps que d’habitude. Les monceaux de jouets dormiront longtemps dans un coin de sa chambre. Quelle que soit la valeur de vos cadeaux, ils ne remplaceront jamais l’amour.

 Pour une majorité de gens, ces fêtes sont une corvée : choisir des cadeaux pour petits et grands, dont certains n’auront pas honte de les mettre en vente sur internet dès le lendemain matin, contrevenant à toutes les règles de respect envers le parent qui s’est donné du mal pour faire plaisir. Cette situation n’est autre que le reflet de la société hyper-matérialiste qui nous assaille de tous côtés, nous culpabilisant si nous n’obéissons pas à la loi du marché. La marque exigée par la bête de l’Apocalypse !

          Son digne représentant est le Père Noël, dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée, et qui n’est autre qu’une invention de Coca-Cola, dont il arbore toujours fièrement les couleurs, créé afin que les gens consomment cette boisson rafraîchissante l’hiver également, période où le chiffre d’affaires baissait dangereusement. Certes, il y a toujours eu un personnage qui gâtait les enfants, ne serait-ce que saint Nicolas, duquel il procède, mais ce saint a été transformé en personnage grotesque, car il n’y a rien en lui qui incarne la Lumière.
          Quant au sapin, il fut le symbole protestant pour s’opposer à la crèche des catholiques, puis les Alsaciens expatriés de leur région, devenue allemande en 1870, l’ont apporté à Paris. Je veux bien que la neige fît partie de leur environnement, mais celle de Noël, de par sa couleur blanche, signifierait plutôt la pureté, et s’accorderait ainsi avec la Lumière.
          Mais pourquoi réveillonne-t-on à Noël ? Autrefois il fallait être à jeun depuis minuit pour communier le lendemain. Nos ancêtres partaient à pied, dans le froid, le ventre vide, faisant parfois plusieurs kilomètres pour se rendre à l’église assister à la messe de minuit. Aussi n’est-il pas étonnant qu’ils aient eu envie de se réchauffer en mettant une bonne bûche dans la cheminée (celle que nous nous mettons maintenant dans l’estomac) et de faire bombance au retour, d’autant plus que Noël était précédé d’une période de jeûne de vingt-huit jours, soit le temps de l’Avent. On passait la nuit à manger et à chanter, célébrant ainsi avec faste la naissance du Sauveur.

          Ce petit rappel est bien utile, car il faut connaître le passé (l’histoire de cette fête) pour aller vers l’avenir. En ces temps de crise, et si l’on ne croit à rien, toutes ces débauches financières et alimentaires n’ont aucun sens. Et que l’on ne dise pas que c’est la tradition. Laquelle ? Si Noël est considéré maintenant comme une fête de famille, eh bien, célébrons-la un autre jour ! 

          Noël est une fête religieuse. Le mot français est un peu éloigné de Nativité, j’en conviens, mais l’on parle assez de Christmas, le mot anglais que tout le monde comprend, et qui commence par Christ. C’est donc Lui que l’on fête. Noël est l'anniversaire de Jésus, rien d’autre. Mais c’est beaucoup, c’est énorme. Si la tradition veut que nous décorions la maison de guirlandes dorées, ou lumineuses pour être à l’ordre du jour, de bougies, d’étoiles, si les rues également sont illuminées, c’est que Noël est la fête de la Lumière, placée à cette date précisément puisque les jours commencent à rallonger. Jésus lui-même a dit qu’Il était la Lumière venant sur terre pour éclairer les nations.
          Or, le paradoxe est que l’on célèbre cette naissance sans se préoccuper de Lui, ce qui est un comble. Imaginez que c’est votre anniversaire. Votre famille fait des préparatifs de toutes sortes depuis deux mois pour le célébrer dignement, vous vous réjouissez à l’avance et, le jour venu… l’on ne vous invite pas. On vous préfère, à vous dont c’est la fête, un gros bonhomme tout rouge inventé pour la circonstance. Imaginez votre déception, bien légitime, devant cet affront et cette humiliation qui vous sont faits.

          A cette période de décadence, de fin d’une ère (et tout le monde est bien d’accord pour reconnaître que rien ne va plus dans ce monde), pensez à ce petit enfant qui, devenu grand, donnera Sa vie pour vous, et vous accordera ce que vous Lui demanderez, dans la limite de vos besoins. En cette nuit sacrée, c’est la trêve, donc le moment de se poser les questions fondamentales. Oui, il faut absolument faire une place dans votre cœur, et dans votre maison, pour cet enfant dont on célèbre la naissance et qui nous apporte la Lumière sans laquelle aucun humain ne peut vivre dignement.
          A ceux qui célèbrent Noël sans même une crèche, sans aucune prière, ni aucun chant religieux, le moment est venu de changer d’attitude. Deux mille ans après, l’Enfant Jésus se sent toujours bien seul dans son étable, Lui qui ne demande qu’à vous aider, à vous apporter Sa joie et Sa paix. Cette année, invitez-Le chez vous pour Son anniversaire. Soyons sûrs qu’Il vous en remerciera d’une façon ou d’une autre !