Ce titre en surprendra plus d’un. Cependant, le but de cet texte n’est pas de faire du sensationnalisme mais d’aider à réfléchir : la classe politique actuelle n’obtient aucun résultat et nous donne un spectacle lamentable. Une seule chose intéresse : s’emparer du pouvoir à tout prix. Et comme ces hommes se rendent bien compte que le monde actuel arrive à sa fin, que tout ce qui a été proposé a échoué, il ne leur reste que la critique, le blâme, l‘irrespect, le jugement, toujours négatif, sur l‘adversaire. Un tel est au pouvoir, il n’a pas de résultat, votez donc pour moi : « moi, je… ». Lorsque ce dernier a été élu, par défaut, il est tout aussi incapable que le précédent. Et l’on recommence. Car la France, suivant comme un petit toutou ce qui se fait outre-Atlantique, incapable d’obéir à sa vocation de phare de l’humanité et de donner l’exemple, ne veut que deux partis, pour être sûre que leurs chefs respectifs finiront bien dans un combat singulier où sera vainqueur celui qui aura trouvé le plus d’argent pour détruire l’autre. D’où les si nombreuses magouilles financières qui entachent les uns, critiqués par les autres qui veulent faire croire qu’eux seuls sont irréprochables, et vice versa. Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus les hommes vivent comme des loups, l’un ne cherchant qu’à détruire l’autre, souvent par des coups bas qui les déshonorent tous deux, détruisant la respectabilité et l’exemplarité dont ils se targuent. Les politiques ne devraient pas avoir d’adversaires mais s’unir pour le bien commun

          Ceux qui n’ont pas réussi en France se présentent maintenant au parlement européen. Qui se sent concerné, malgré l’incitation à voter quotidienne des médias ? Qui connaît le nom du président ? Bien sûr qu’il faut une Europe, mais en aucun cas celle de la finance, de la corruption, de la décadence, de l’orgueil, que nous connaissons actuellement. Qui s’intéresse à cette Europe qui, reniant toute racine religieuse (enlevez du patrimoine européen monuments et tableaux religieux, villages portant le nom d’un saint, il sera bien amputé), préfère s’occuper de la courbure des concombres ou de la taille des bananes plutôt que de l’épanouissement de ses habitants ?
          Quant aux petits partis, ils sont diabolisés ou méprisés, moqués, considérés comme quantité négligeable. Les votes blancs ou nuls ne sont toujours pas comptabilisés. Ils ont pourtant un sens : aucun des candidats ne satisfait l‘électeur, qu‘il ne faut pas prendre pour un idiot. D’où son rejet pour la chose publique. Lorsque, rarement, a lieu un referendum, on ne tient pas compte du résultat, malgré la matraquage constant pour que le peuple vote dans le sens désiré. « Le peuple vote mal, changez le peuple ! » Pourtant, tous les hommes sont capables de penser par eux-mêmes…
          C’est un comble que, dans un ensemble de pays qui se vantent quotidiennement de démocratie (gouvernement du peuple) et dénigrent sans cesse ceux qui osent avoir des idées différentes, il faille de l’argent pour se présenter aux élections ; il faudrait plutôt des idées. Inutile de dépenser des millions, qui seraient bien utiles pour nourrir les affamés ou abriter les sans logis. Entre la radio, la télévision et internet, les réunions de proximité, les campagnes électorales ne devraient rien coûter, ou presque. Croyez-vous que la vacuité des idées passe mieux exprimée au sein des dorures ou imprimée en couleur sur papier glacé ? Et puis, droite-gauche, ceux qui votent la mort du roi, ceux qui ne la veulent pas, cela est un peu dépassé. Il est grand temps de changer. Les Français, moins aveugles que leurs dirigeants, et sachant ce qu’est un euro, ne se laissent plus berner. Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; pas besoin de sortir de l’ENA pour en avoir.

          Par ailleurs on voit les gens du commun s’aimer et s’entraider. Une maison inondée ou incendiée, une panne de chauffage ou d’électricité ? Le voisin invite… Quant aux grandes oeuvres charitables les plus médiatiques, comme les restos du cœur, banque alimentaire, téléthon, Sidaction, séismes, etc, les Français sont généreux ; ce sont, souvent, les petits qui donnent le plus. Ils ne pensent pas aux déductions fiscales, puisqu’ils ne paient pas d’impôts. Ils ouvrent leur porte-monnaie et leur cœur. Ce sont ces humble que les politiques devraient écouter, plutôt que leur ego.

          Jésus a passé le temps de sa vie publique (trois ans seulement), entouré de douze « ministres », à parcourir des chemins poussiéreux pour propager un message d’humilité, d’amour, de douceur et de pardon. Il a enseigné aux hommes la liberté, car Il n’ a jamais obligé la foule à le suivre. Il a prôné l’égalité entre tous, ce qui était impensable à l’époque ; puis la fraternité, en demandant aux hommes de s‘aimer et de s‘entraider, en montrant Lui-même l‘exemple.

          Jésus n’est pas l’Eglise. Cette dernière fut créée par des hommes, avec tous les défauts que cela comporte par définition. Ses exactions commises au cours des siècles et son alliance avec « le monde de Satan » sont entièrement condamnables. Jamais je ne voterai pour un parti religieux, peut-être d’ailleurs pour mettre en pratique les paroles de l’Evangile : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. » Il ne faut pas confondre le monde temporel et le monde spirituel. Mais le second doit influencer le premier s’il veut être digne des hommes.
          Personne ne peut s’opposer au message de Jésus, qui est humilité, amour et pardon pour tous, car il est bon, juste et universel. Le fils du charpentier ne s’est pas servi, Il a servi et fait du bien autour de Lui, améliorant la condition humaine. Notre niveau culturel est assez élevé maintenant pour que nous soyons capables de lire les évangiles au second degré, notamment à l’aide des symboles et de la psychologie, et d’en tirer les conséquences. Il n‘y a pas de honte à reconnaître que l‘on s‘est trompé, car seuls les imbéciles ne changent pas d‘idée.

          Mais puisque le sujet du jour sont les élections, voyons s’il se présentera un jour un candidat qui saura faire preuve de compassion pour ses semblables, être humble, très humble, (car sans l’humilité personne ne réussira), savoir pardonner au lieu de juger et de condamner, reconnaître que l‘on a conduit les peuples dans le mur, et changer radicalement de discours. Un candidat qui convaincra par la bonne parole et l’exemple, sans critiquer personne. Alors les abstentions et les bulletins blancs ne seront plus majoritaires…
          La Constitution serait ainsi la même pour toute l‘Europe : que chacun puisse vivre dignement. Les riches donneraient aux pauvres de bon coeur, ce serait leur fierté. Les enfants ne parqueraient plus leurs parents dans des mouroirs, les politiques, devenus humbles, s’uniraient, et chacun mettrait en pratique une bonne idée pour le bien-être de tous, écoutant leurs administrés. Personne ne se vanterait de rien ni ne se croirait supérieur à l‘autre. Et cesserait ainsi la guerre des requins de la finance, remplacée par l‘amour universel, qui seul peut sauver le monde. Il faut convaincre, s’allier et non s’opposer. Utopie ? Pas si sûr…

          Malraux, plus près de nous, a dit « qu’il n’excluait pas la possibilité d'un événement spirituel à l'échelle planétaire. » C’est peut-être le moment de s’en souvenir, et d’appliquer enfin les règles de liberté, d’’égalité et de fraternité qui figurent depuis si longtemps au fronton de nos édifices publics.