prière           Depuis que le monde est monde, les hommes prient, de manière bien différente selon leurs coutumes, mais ils ont toujours entretenu des rapports avec leurs divinités. Depuis les menhirs ou les peintures rupestres, dont il est évident qu’elles ont été dessinées pour demander aide et protection jusqu’à nos grandioses cathédrales, en passant par les monumentaux temples égyptiens et les non moins imposants lieux de prière extrême-orientaux ; des temples grecs aux pyramides amérindiennes, dans le monde entier et de tous temps, l’homme a prié et rendu culte aux dieux, réalisant bien vite que sans leur aide ils ne pouvaient réussir.

          Or, depuis un certain, il est de mode de ne plus prier. Les gens, à la rigueur, s’avouent croyants, mais s’empressent d’ajouter : « Mais je ne suis pas pratiquant. » Comme si cela était une tare ! Quant aux prières quotidiennes , non merci, mieux vaut ne pas en parler. On a le temps de manger, de se doucher, de se pomponner le matin, mais il n’y a jamais dix minutes pour la prière, et le soir, après la journée travail et la soirée télé, on est bien fatigué… Autant de prétextes que l’on trouve, comme si la prière était ringarde ou réservée à quelques vieilles grenouilles de bénitier… Et puis, l’on entend souvent : « Si le bon Dieu existait, Il ne permettrait pas que tant de malheurs se produisent sur terre. » Disputes au sein des familles, guerres et famines pour motifs économiques, licenciements, je ne pense pas que Dieu en soit responsable. Ce sont plutôt les hommes.
          A l‘opposé, si Dieu nous dirigeait trop, ne dirions-nous pas, comme nous l’entendons aussi parfois, que nous ne sommes que des pions entre Ses mains ? Et alors, où serait notre chère liberté, à laquelle nous tenons tant ? C’est un beau cadeau que Dieu a donné à l’homme, gratuitement, et c’est à lui d’en user pour choisir librement son chemin.

          Or, en ces temps de crise, il serait bon de revenir à cette pratique ancestrale, car l’homme qui ne prie pas est comme un arbre coupé de ses racines. Tout humain doit avoir l’humilité de se reconnaître comme créature de Dieu et, en tant que telle, l’honorer, avoir des rapports avec Lui afin de ne pas sombrer…

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          La prière est un moment d’échange avec Dieu, notre Créateur. Personne ne L’a jamais vu. Il est pur esprit, Lumière si intense qu’Il aveuglerait le pauvre humain ayant l’audace de vouloir Le regarder en face. Pour les chrétiens, Jésus est plus accessible. Il a toutes les qualités et la puissance de Son Père, mais Il s’est incarné. Lorsque nous Le prions, nous pouvons L’imaginer comme un homme bienveillant car même les incroyants ne remettent pas en cause Son message. Imaginer, car il n’existe aucune description physique de Lui, et encore moins de représentations statuaires ou picturales, à une époque où, pourtant, ces arts existaient. Qu’importe son aspect physique puisqu’Il est universel : l’Occident le représente encore châtain aux yeux bleus, ce qui ne peut être vrai : qu’il ait les traits d’un Palestinien actuel, ce qui est le plus vraisemblable, qu’il soit représenté la peau noire ou les traits asiatiques, qu’importe. C’est à Son esprit que nous nous adressons puisque, par son intermédiaire, c’est Dieu que nous prions. S’il est assez facile de Lui parler, entendre la réponse au fond de notre cœur est moins évident. C’est pourquoi il est bon de Le louer, de Lui demander pardon des péchés que nous avons pu commettre, même s‘ils sont souvent moins nombreux que ce que l‘Eglise a voulu nous faire croire pendant des siècles. Inutile de se flageller : tout homme, de par sa condition même, est imparfait et commet des erreurs. Reconnaissons-le et demandons-en pardon. Puis nous pouvons adresser à Dieu, ou à Jésus, notre demande, variable selon les individus et les moments de la vie, les difficultés que nous traversons et pour lesquelles Son aide peut nous être d’un puissant secours. Demandez toujours de la Lumière. Enfin il faut remercier, cela est très important, sous peine de voir notre prière « se perdre » en chemin.

          Il n’y a pas d’endroit pour prier. Le Christ lui-même a dit :  « Quand tu veux prier, entre dans ta chambre et, ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est présent dans le secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Si bien que, pour les pressés et les retardataires du matin, les transports en commun ou la voiture font très bien l’affaire. Il suffit de s’isoler mentalement quelques minutes, personne ne nous verra, et nous serons bien dans le secret où seul Dieu nous entendra. La prière doit être répétée matin et soir ; ne croyez pas que Dieu soit à vos pieds et vous exauce dès le lendemain. Il faut demander pendant un temps qu’il n’appartient qu’aux hautes instances célestes de déterminer et qui peut varier selon les individus, leurs demandes, et peut-être surtout leur foi et leurs mérites. Bien sûr, avec une bougie blanche et un peu d’encens, la prière (comme la flamme) montera plus vite. Mais n’allumez pas de bougie en voiture ! 

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       La réponse viendra toujours, et peut-être sous une forme inattendue. Prenons l’exemple du travail, première préoccupation de notre temps. Vous avez bon espoir de vous faire embaucher par une entreprise que vous connaissez et qui recherche une personne correspondant à votre profil. Vous priez pour cela, et finalement la réponse s’avère négative. La déception est compréhensive. Même dans ce cas, demandez de la consolation si besoin, mais persévérez, espérez, remerciez Dieu ! Ne croyez pas qu’Il vous abandonne. Ne maugréez pas, poursuivez, Il vous répondra d’une autre façon, en vous offrant, quelque temps plus tard, un travail correspondant mieux à vos aptitudes, car Dieu connaît vos besoins et ce que vous êtes capable de faire. Combien de cadres stressés ont perdu leur emploi, pour leur bien dirai-je, et se sont retrouvés, après une période de désespoir, dans une autre région, à créer une affaire dont ils avaient toujours rêvé, avec la vie au grand air en prime !

          Cependant ne soyez pas naïf, ne pensez pas que, puisque vous avez prié, vous pouvez vous prélasser sur le canapé à attendre qu’un employeur inconnu vous appelle pour commencer dès le lendemain un CDI à 39 heures, bien payé, et de surcroît à dix minutes de votre domicile. Non, bougez-vous plus que jamais, démenez-vous, remuez ciel et terre, tout en sachant que Jésus vous accompagne, ce qui vous donne plus d’espoir et de force que si vous étiez seul, plus de chance de trouver ce que vous cherchez pour vous réaliser. Soyez attentif à vos rêves, aux signes placés sur votre route, comme des jalons. Ne me demandez pas lesquels : cela dépend des personnes, c’est à vous de les trouver, car ils dépendent du vécu et de l’inconscient de chacun. En tous les cas faites confiance au vieil adage qui, s’il n’a pas été prononcé par le Christ, aurait bien pu l’être : « Aide-toi, le Ciel t’aidera. »